Résumé du spectacle
« Elle est là. La boîte. Sur la grande table. Devant lui. Pièce à conviction numéro un ! »
Dans ce huis clos familial où quatre frères et sœurs sont réunis dans le salon de leur maison natale, le passé ressurgit, immuable, implacable. La fratrie se retrouve après plusieurs années d’éloignement et doit prendre une décision importante. Avec la mise à plat de leurs déchirures personnelles, ils vont redécouvrir les chemins de leur enfance. Mais doivent-ils pardonner la tyrannie dont ils ont été les victimes et oublier la terrible punition qui a été infligée à l’un d’eux ? La faute était-elle si grande pour asphyxier toute leur vie ?
L’auteur nous entraîne sur un sujet sensible : l’amour des parents pour leurs enfants et les liens fascinants et parfois destructeurs qu’entretient une fratrie. Histoire aux accents tendres et poétiques, c’est avant tout la maîtrise d’un suspense au dénouement incertain…
Philippe Beheydt est né en 1971 à Bruxelles. Auteur de théâtre et scénariste, il fut par deux fois lauréat de la Fondation Beaumarchais avec "Une Ombre sur un mur blanc" et "La Boîte en coquillages". Régulièrement en résidence d’écriture à la Chartreuse, ses pièces - Le Quai, La Boîte en coquillages et bientôt Sentinelle - sont publiées aux Editions du Laquet. Partout où sont présentées ses pièces, la presse salue son écriture, à la fois belle, efficace et drue, elle aurait le don de scruter l’homme…
« L’origine des névroses est à chercher dans des traumatismes apparus durant l’enfance » - S. Freud « Tous les souvenirs de nos parents, de nos ancêtres sont inclus dans nous » - F.Dolto
Voir la page dédiée à La Boîte en coquillages sur le site de Philippe Beheydt.
Gilles
25-04-2003 09:04:33
-Formidable "pour en finir (en bien) avec la famille" superbe pièce, vu deux fois (par plaisir), moment inoubliable, merci aux acteurs et au metteur en scène. une pièce qui compte pour moi.
Anonyme
18-04-2003 15:04:36
Sandrine Ville
11-04-2003 12:04:10
J'ai retenu mon souffle et (difficilement) mes larmes, me retrouvant tout à coup face à ma propre enfance, face aux injustices et souffrances d'alors. Je me suis attachée tour à tour à chaque
personnage, touchée par celui que je pensais lâche, déçue par l'autre, que je croyais plus forte. Chaque personnage est approché par petites touches, dans toute sa profondeur, dans ses
contradictions. Et on se surprend à les aimer, chacun d'eux, et à se sentir impuissant, à regretter de ne pouvoir les aider. Une pièce troublante, avec de merveilleux acteurs, qui nous emportent
loin.
Franck
24-03-2003 14:03:53
La Boîte en Coquillages, c’est d’abord une boîte à souvenirs semblable à ces vieilles malles que l’on trouve dans les greniers de nos grand-mères. Il suffit d’y fouiller un peu pour replonger
dans la vie de son ancienne propriétaire. Ainsi en sont extraits les fleurs en papier des fêtes de son enfance et les masques des carnavals passés. Ainsi y retrouve-t-on les photos pastels des
sourires éternels et le voile de la mariée. Mais si l’on fouille plus profond, on secoue les vieilles toiles d’araignée de la rancune accrochées aux poutres familiales. On époussette les robes à
fleurs des émotions contenues ou contredites et on tombe par hasard sur les brodequins de la vengeance. La Boîte en Coquillages, c’est ensuite une atmosphère. Lourde, plombée, névrotique. Elle
vous laisse l’impression d’un ongle frotté sur un tableau noir : le cri strident du cauchemar dont on ne sait s’il commence à peine ou s’il vient de finir. Elle vous scie les nerfs puis vous
laisse pantelant, écrasé par un gigantesque coup de massue. Elle n’est pas sans rappeler l’atmosphère irrespirable et poussièreuse de Mauriac et l’on entend presque Brel chanter « car chez ces
gens-là, monsieur… ». L’oppression ne cesse que lorsque les lumières sont rallumées ! La Boîte en Coquillages, ce sont surout quatre acteurs qui savent donner à un texte lourd et statique toute
la portée dont il a besoin pour atteindre le spectateur. C’est une histoire individuelle que l’auteur nous présente ici. Il lui donne corps en répartissant au mieux les névroses entre les
protagonistes puisque chacun se doit de prendre en charge un aspect particulier de la psychologie complexe d’une enfance traumatisée. La difficulté de la tâche est surmontée vaillamment par un
jeu constamment en mouvement, une implication et une identification indéniable de la part des acteurs et une mise en scène plutôt sobre et bienvenue. La Boîte en Coquillages, c’est enfin une
pièce forte, particulière, qui ne sera pas recommandée aux âmes sensibles ou légères et dont personne ne sort indemne ni indifférent. Chez nous, on appelle ça du théâtre.